Rêver pour créer

Bienvenue à Bienenwerder, petit hameau de Müncheberg.
Nous voilà depuis 2 semaines dans le collectif OLIB (Organischer Landbau In Bienenwerder : l’Agriculture Biologique à Bienenwerder).
Il y a 10 ans, 5 copains décident de quitter la ville pour concrétiser leurs rêves, s’installer dans une ferme et tendre à l’autosuffisance. Ils ne connaissent rien à l’agriculture mais croient en leurs rêves. Aujourd’hui 8 adultes vivent ici avec les oiseaux de passage : stagiaires, copains et bénévoles. Après-guerre, des allemands vivaient aussi en collectif dans cette ferme, mais c’était un collectif imposé. L’histoire de cette ferme est marquée par l’empreinte du communisme.

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L’accessibilité à la terre pour ce collectif n’a pas été facile. Sous le communisme de la RDA, la terre est à l’Etat puis, après la réunification, avec le capitalisme, la terre est alors l’objet de spéculation financière (avec sa pincée de corruption). Heureusement pour ce collectif, une loi permet à des propriétaires d’avant-guerre (ou leur descendance) de récupérer leur terre pour une modique somme s’ils ont un projet agricole.

C’est donc sur une cinquantaine d’hectares attenant à la ferme, qu’ils élèvent vaches, chevaux et chèvres. Les chevaux sont utilisés pour travailler la terre. Ça nous touche de voir l’attention particulière qu’ils portent à chaque animal. On aide sur les 3 hectares de maraîchage car c’est le début de la saison, désherbage et semis sont à l’honneur. C’est agréable de sentir une vigilance pour ne pas nous laisser seuls faire une activité. Ici, on ne fait pas quand on en a pas envie, et ça, ça donne beaucoup plus envie de faire. Les cueillettes de plantes sauvages pour faire un bon mesclun rythment les semaines.

Lundi on assiste à la réunion hébdomadaire, le débat est porté sur la question de l’argent « Doit-on donner de l’argent à quelqu’un qui quitte le projet ? ». On est vraiment curieux de ce sujet car l’argent nous semble être une question importante de la vie en collectif.
Ici, tout l’argent est mutualisé. Pour compléter les caisses du collectif, certains ont des petites activités salariées à l’extérieur. On ressent que la mutualisation de l’argent ne repose pas sur un principe d’égalité (en terme d’implication face au travail) mais bien sur le respect du rythme de chacun, de la différence (de chaque individu) et de la confiance (chacun se gère, est attentif à ses besoins et aux besoins du groupe).
L’individualité s’exprime à OLIB. Chacun a son espace, ses propres projets, ses propres actions. Le tout englobé dans des valeurs anarchistes fortes qui soudent le groupe.
Le militantisme politique a une place importante ici. Paola travaille pour Via Campesina et Julia est engagée dans la médiation du conflit en Syrie.
Samedi, nous partons contrer une manifestation de néo-nazis au village de Müncheberg. Le collectif OLIB reste vigilant avec une veille politique forte.

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Plus jamais de guerre, plus jamais de fascisme, feu et flamme au nationalisme.

À partager la vie d’un collectif, on expérimente la faisabilité de leurs rêves.
Vivre la mise en pratique d’idéaux donne encore plus de sens à ceux-ci.

Gabba, ayant envie de visiter le collectif Longo Maï à Ulenkrug depuis un moment, profite du fait qu’on y aille pour nous y emmener en voiture et y passer quelques jours.
La voile se hisse, et c’est vers le nord du pays que notre navire se dirige.

Que les activités nous épanouissent et nous libèrent… Joyeux muguet  !

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