Carinthie la révoltée

À 4 kilomètres du village d’Eisenkappel, la petite route qui grimpe dans la montagne en longeant la fraîche rivière amène à la ferme de Stopar. Il y a 40 ans, quelques indociles de Longo Maï ont décidé d’essaimer de la coopérative de Grange Neuve (en France) pour s’installer ici, au sud de l’Autriche proche de la frontière slovène.

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Déjà fin août, c’est l’heure de la seconde coupe du foin. Pendant que Robert passe quelques jours sur son tracteur, le reste de l’équipe s’active pour remplir la grange. Béate, Piero et Conny s’occupent de récolter les Simples et les faire sécher pour en faire de succulents mélanges à infuser. Léa nous embarque pour changer les clôtures des brebis. Ce prétexte nous amène à prendre de la hauteur… une immersion dans ce merveilleux massif des Karawanken qui fait du bien.
Même si nous sommes proches des nuages, la lecture assidue du journal Le Monde nous maintient les pieds sur terre.
Malgré une activité agricole, ce collectif prend le temps de s’impliquer politiquement. Une fois de plus, cette idée nous plaît beaucoup. Ils sont engagés localement dans le fonctionnement de Coppla Kasa, un regroupement de paysans slovènes et autrichiens cherchant à valoriser leurs activités et leurs productions. Ils sont également actifs dans un centre de réfugiés environnant.
La rencontre avec le collectif de la ferme de Stopar vient nous témoigner de l’hétérogénéité de la coopérative Européenne Longo Maï. Celle-ci est basée sur de profondes valeurs communes mais chaque coopérative est forte de la somme des individualités qui la composent et qui génèrent l’énergie qui s’en dégage.

L’instant d’un weekend, on retrouve Jakob, notre ami de Graz, pour comprendre le passé autrichien durant la seconde guerre mondiale. Entre présence des partisans slovènes, résistances et déportations, cette région est marquée par une histoire particulièrement forte. Notre compréhension s’agrandit. Nous partons le lendemain sur le mont Uschowa, à 2000m d’altitude, nous zigzaguons sur la ligne frontalière entre Slovénie et Autriche. Une ascension pittoresque avec Jakob, Floky et deux jeunes réfugiés afghans et pakistanais qui nous rappellent que la guerre n’est toujours pas finie.

Après ce mois passé en Autriche, nous repartons sur le chemin.
En prenant la direction de la Slovénie, nous irons là où le vent nous portera.

« Il faut se défendre de deux sortes de folies également redoutables :
l’idée que l’on peut tout faire,
et l’idée que l’on ne peut rien faire. »
André Brink, écrivain et résistant sud-africain

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