Bourrasques caucasiennes et les infinis toasts

Dans la venteuse cité de Kutaissi, au centre de la საქართველო (Géorgie), la famille Gasashvili nous invite à goûter les plaisirs de la sédentarité quelques semaines.
Faire ses courses au marché, ne pas porter son sac à dos, prendre les bus de ville, faire mijoter une soupe plusieurs jours, se faire un réseau local, savoir où dormir, faire du piano, se faire interviewer par la radio, lire à côté de la cheminée…

Cela grâce à Esther, cette perle qui, en plus de nous avoir aidés à trouver ce petit nid, nous accompagne le temps que l’on prenne nos marques. Elle est notre docteur, notre traductrice, notre conseillère touristique, notre partenaire de jeux, notre amie.
Elle nous présente à John , américain arrivé ici il y a 5 ans et qui aime rencontrer des étrangers. Nous passons du temps avec lui, visitons la ferme d’un paysan du coin et rencontrons l’ONG « People in need » qui accompagne la mise en place de coopératives agricoles en Géorgie. Ils partagent avec nous quelques connaissances sur l’agriculture géorgienne.

Le besoin de montagne érige nos pouces qui nous emmènent dans la région de Raja, au nord de Kutaissi. En passant par Ambrolauri et Tsageri, nos conducteurs géorgiens slaloment entre nids de poules, vaches et cochons, paysage routier géorgien. À défaut d’anticiper, ils se rattrapent en appuyant sur l’accélérateur, sans oublier de se signer 3 fois à chaque chapelle croisée.
Le soir tombe, nous nous hissons dans une Lada en compagnie de 3 spéléologues. Quelques kilomètres plus loin, nous rencontrons le fameux Heracles, explorateur de grottes.
Sans trop comprendre, le lendemain, nous revoilà dans la Lada en compagnie des spéléologues et de deux journalistes russe et ukrainien du National Géographic, nous partons visiter le monastère de Katskhi Pillar. Un peu plus loin, à la demande d’un maire, les spéléologues partent explorer une grotte. On conclut la journée par un repas gargantuesquement géorgien chez le maire et fêtons la Saint-Georges. Sans modération, le délicieux vin maison accompagne notre soirée. Il est fait selon la tradition, vieillissant dans des amphores, sous terre. Le temps de ces 5 heures de repas, les toasts n’en finissent pas d’être portés : à la paix dans le monde, à l’amour, aux femmes, à la différence, à l’hospitalité… Autant de toasts que d’émotions.

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Quelques heures de repos après, John nous emmène dans une école. L’ambassade de France en Géorgie y est attendue et presque tout le monde est sur son 31… Nos grands sourires dissimulent nos gueules de bois et notre nationalité nous propulse aux premiers rangs de la salle. Pendant que des jeunes ne cessent de nous prendre en photo, les plus petits nous demandent des autographes…Peut-être sommes-nous arrivés sur une autre planète?… Après un spectacle en français, nous voilà en V.I.P. dans la bibliothèque avec le gratin de l’ambassade et le gratin de l’école à déguster des spécialités géorgiennes et… porter des toasts sur les relations franco-géorgiennes…

À l’école voisine, on va parler à des jeunes de 9 ans qui commencent à apprendre le français. Trop contents, nous apprenons qu’ils ont comme lecture Le Petit Prince! Au centre américain de la ville, on se régale de raconter à des adolescents notre projet. On sent dans leurs regards la curiosité de la nouveauté. On leur raconte nos visites dans des fermes autogérées, sans patrons. Cette notion leur apparait toute nouvelle; des portes s’ouvrent. Avec notre expérience du voyage en appui, on essaye de transmettre à ces jeunes l’importance de suivre ses rêves, d’être acteur de sa vie.

Nous avons profité de ce temps en Géorgie pour demander le VISA iranien à l’ambassade de Batumi. 3 semaines d’attente plus tard, entre doutes et incertitudes, courriels et coups de fils sans réponses, nous voilà enfin avec le VISA iranien dans la poche après un aller-retour à Batumi.

À l’orée de l’hiver, ce semblant de routine nous aura doucement cajolés afin de préparer au mieux la suite de notre aventure.
Nous refermons ces temps de vie collective avec la gentille et turbulente famille qui nous a accueillis chez elle.
Nous replaçons nos besaces sur nos dos pour un dernier petit tour en Géorgie puis nous entrerons fraîchement en Arménie.

« Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve »
Le petit prince, Antoine de Saint-Exupéry

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2 réflexions sur “Bourrasques caucasiennes et les infinis toasts

  1. Super mega cool cette petite séance radiophonique, merci de m’avoir fait redécouvrir Allo la Planète (putin de France inter, ils on couper un bon truc). Ensuite ravie d’avoir pu entendre Robin, et d’avoir deviner d’Eugène dans le fond sonore (sourire dans la voix et le rire!). ça ma fait très plaisir ce petit moment sonore, bonne aventure!!
    Et vive le nomadisme!
    Bisous plein d’un Tarn givré

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