Entre détours et mystères, l’humanité Perse

C’est au sud ouest de l’Arménie que nous franchissons la frontière Iranienne.
D’après le calendrier perse, nous sommes en l’année 1395.

eugdscn1364

L’auto-stop n’étant pas du tout populaire en Iran, nos premières avancées représentent de véritables jeux de mimes pour expliquer ce que nous faisons. Nous nous empressons d’apprendre quelques mots en farsi comme le « Salavaati » (mes prières seront pour toi) et autres bénédictions qui représentent des mots clés pour faire un bout de route avec nos conducteurs. Le fait de marcher avec nos sacs à dos et nos têtes d’étrangers en bord de route suscite parfois de véritables embouteillages, chacun voulant nous aider ne sachant trop comment.

Durant ce mois en Iran, nous irons rencontrer des familles perses chez elles, dans leur quotidien (souvent surchauffé par le gaz bon marché).
À Téhéran, ce monstre de 16 millions d’habitants, nous sommes accueillis chez Soheil, ingénieur gazoduc et retrouvons par surprise Gonzalo, notre ami, voyageur argentin. À travers nos déplacements dans la ville, nous découvrons la ségrégation de genre. Les femmes et les hommes ne se mélangent pas. Dans les métros et les bus, nous observons stupéfaits des compartiments réservés aux femmes. Malgré cela, nous sommes guidés vers quelques cafés alternatifs, où les femmes peuvent fumer, enlever leurs voiles et parler de société.

Quelques stations plus loin nous rentrons dans le Coffee Shop Kookh. Nima nous accueille pour nous présenter l’ONG iranienne qui s’occupe des enfants immigrés en Iran. La plupart viennent d’Afghanistan, vivent et travaillent dans la rue. Cette ONG se bat difficilement pour que l’État reconnaisse leur présence sur le territoire et apporte son soutien.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vers Borujerd, à l’ouest du pays nous sommes accueillis dans le foyer de Mohammed et retrouvons les montagnes enneigées. Durant ces nuits, nous dormons tous ensemble sur les tapis perses, souvent dans l’unique pièce centrale de la maison où plane une douce odeur de chicha.
Quelques centaines de kilomètres plus loin, nous traversons Kashan puis Yazd, ville de 7000 ans au milieu du désert, où nous fêtons le dernier jour de notre calendrier avec Gonzalo et un tatoueur qui nous fait faire un tour de moto.

Nous arrivons chaudement à Bandar Abbas. L’ambiance palmiers et dromadaires contraste avec la fraîcheur du nord du pays. Nous passons du temps dans la famille de Mahmoud qui honore le sens de l’hospitalité iranienne. Chez toutes les familles que nous rencontrons, l’invité est roi et il lui est interdit de ramener quoi que ce soit. Nous contournons cette règle en offrant des cadeaux, dattes, madeleines et oranges, qui ne peuvent pas être refusés.

Dans cette république islamique, nous rencontrons la confiance et la sécurité comme nous ne l’avons jamais vu. Nous sommes vraiment étonnés de voir que chacun donne son code de carte de crédit aux vendeurs pour qu’ils tapent eux-mêmes le code. Nous nous sentons sereins. À vrai dire, il n’y a qu’à bord de leur 4 roues que l’on se demande si on en ressortira vivant…

Nous nous arrêtons au bord de la route pour manger un bol de pois chiches qui nous régale. Dans la pénombre du bâtiment, des dealers de Heineken en scooter, ayant repéré nos ganaches de l’Ouest nous font signe pour nous vendre leurs boissons illégales. Mais nous leur préférons le traditionnel thé que nous buvons, cachés pour pouvoir jouer aux cartes avec nos amis iraniens. Dans ce pays de la censure, la religion prend le pas sur les libertés individuelles mais, une grande partie de la société, contaminée par le libéralisme, est écœurée devant toutes ces interdictions. Même si les grands réseaux sociaux sont bloqués, cela n’empêche pas les iraniens d’être hyper-connectés à la nouvelle technologie et de trouver des alternatives aux interdits.

Après quelques jours de formalités pour la demande du visa indien, nous apprenons qu’il nous faut retourner à Téhéran pour récupérer une lettre de recommandation à l’ambassade française. Nous sommes dépités, dégoûtés mais décidés.

Nous partons de nuit pour traverser le pays jusqu’à la capitale afin de rejoindre notre ambassade. Une fois cette lettre en main, nous fuyons immédiatement la folie citadine et son pic de pollution. Nous partageons le quotidien de camionneurs perses. Entre les fumées d’opium et bercés par les chants coraniques, la traversée du désert nous paraît interminable. Nous arrivons à Chiraz, quelque peu désorientés, après 2300km parcourus en 40 heures.

Ayant laissé nos passeports à l’ambassade indienne et ne circulant qu’avec des copies de ceux-ci, nous sommes arrêtés par la police ne comprenant pas notre histoire farfelue… Après 2 heures au poste et ayant trouvé un traducteur et perdu notre temps, nous sommes remis en circulation.
Après de longs doutes et des journées de stress, nous finissons par obtenir notre visa indien 3 jours avant l’expiration de notre visa iranien.

Nous sommes vraiment touchés par la chaleur humaine et la générosité que nous avons rencontrées ici.
Ce pays restera pour nous un repère de valeurs humaines fortes, inoubliables.

Nous refermons ce mois en Iran, montons dans le bateau qui nous conduit à Dubaï, apogée de la décadence du toujours plus. Nous ne restons que 2 jours dans cette ville où les constructions essayent de dépasser les nuages.

eugdscn1421
828 mètres de folie

Nous prendrons notre premier avion depuis le début de ce voyage,
monterons dans le ciel et rejoindrons la terre indienne.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s