Apaisement autour des toits d’un monde

On monte en altitude et en longitude, nous arrivons au Népal.
Nous sommes en 2073 et l’atmosphère semble enveloppée d’un élan joyeux. Est-ce la sagesse des montagnes? Est-ce la légèreté d’une dose de bouddhisme? Peut-être les deux.

Kathmandou, bien que reine de poussière, nous apparaît être une capitale calme, apaisée, ce qui contraste grandement avec l’Inde. Comme à notre habitude envers les villes, nous ne la fréquentons pas longtemps.
À 40 kilomètres de là, au village de Faskot, nous sommes accueillis dans la famille de Rikesh. Toutes les anciennes bâtisses en pierres se sont écroulées en 30 secondes pendant le tremblement de 2015. La reconstruction est longue, le paysage marqué. Depuis 2 ans, certaines familles vivent dans des abris de tôles.
La pleine lune de mars est là, c’est l’heure de ce fougueux moment où les couleurs et l’eau sont à l’honneur, le Holi Festival. Autour des habitations et sur les pentes abruptes du village, une ribambelle d’enfants (dont nous faisons partie) court partout équipée de poudre colorée et de ballons à eau. « Happy Holi! ». Invasion de couleurs, de sourires, de partages.

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Les paysans chez qui nous sommes produisent tout ce dont ils ont besoin pour l’année. Nous assistons à une cérémonie en faveur des bonnes récoltes.  Nous savourons les copieux repas généreusement partagés. Sur la montagne, tous les versants sont utilisés sous forme de terrasses, pour la production agricole et malgré les 2200 mètres d’altitude, neige et gelées ne sont pas présentes et les températures sont douces en toutes saisons. Alors les bananiers trouvent leur place ici aussi. Sous le soleil et avec l’altitude, nous devenons de vrais nez pelés! Avec des outils aux manches bien trop petits, nous binons-buttons les pommes de terre et récoltons la moutarde qui servira à faire de l’huile en savourant la chaîne de l’Himalaya que nous voyons au loin.
Après avoir fait un tour au grand monastère de Namobouddha, nous nous aventurons dans un bus qui nous fera parcourir 400km en 16 heures sur des « routes » pittoresquement montagnardes.

Nous arrivons dans la plus grande vallée du Népal, Dang. Nous partageons un brin de vie avec une famille hindouiste, Jeevan et ses parents, Diipa et Dhumdi. Au village, nous allons rencontrer des jeunes dans une école, échangeons autour de la culture, de la différence et leur faisons partager quelques expériences, rêves.
Dans cette région très peu touristique, nous ne rencontrons aucun homme beige et sommes parfois l’objet de WhiteWhashing. Adultes et enfants nous observent de près ou de loin, parfois sans rien dire mais avec des yeux nous scrutant de haut en bas pour un temps qui peut parfois paraître très long.

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Avec Dhumdi, nous escaladons la montagne. Parfois, notre guide interrompt le sage silence de notre marche et pousse de terrifiants cris. Il nous explique que cela est nécessaire pour éloigner ours et tigres présents dans les alentours. Au sommet, nous avons une vue magnifique de la vallée et rencontrons un vieil homme de 84 ans et ses 25 vaches sacrées. Solitaire et à 2 heures de marche de la première habitation, cet homme continue de s’activer. Depuis 30 ans, il récolte l’eau de pluie pour sa boisson et collecte des plantes sauvages pour se nourrir. Les locaux lui ramènent de la nourriture de temps en temps et il boit le lait offert par les vaches. Nous passons la nuit dans sa cabane puis redescendons pour un monde plus bruyant.

Durant cette semaine passée dans cette vallée, nous prenons nos marques, rencontrons les habitants du quartier, tissons des liens et installons des habitudes. Nous refermons cette page souriante et, combattant la tourista qui tiraille Robin depuis quelques jours, reprenons route.

Nous arrivons à Bhâratpur où Manish nous emmène déguster des mets népalais dans de bons restaurants. Nous nous baladons au bord de la Kali Gandaki rivière, escaladons les 1700 marches de Kalika Temple et repartons pour nous rapprocher de la capitale. Nous rencontrons Rakesh et nous baladons dans la vieille ville de Patan.

Notre premier mois au Népal encourage notre envie de rester plus longtemps pour découvrir le pays de Bouddha. Nous sommes maintenant aux portes du parc national Langtang pour une session de méditation Vipassana.
…Respiration…
Joyeux printemps.

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